Plusieurs points sont soulignés dans cette présentation :

  • Confronter les catégories diverses du logement précaire en Europe et au Sud (habitat précaire et habitat insalubre, informel…). Travailler à la circulation des notions.
  • Travailler sur la dimension de crise du logement au sud et au nord

 

  • Dépasser des catégories trop normées et marquées socialement. Montrer les effets du mal logement sur la vie sociale de façon générale mais aussi l’attachement. Déconstruire les catégories du mal logement à partir de l’expérience habitante.
  • Importance de la notion de parcours : déconstruire les notions de trajectoire ascendante et descendante en intégrant l’expérience des habitants.
  • Prendre en compte les capacités d’action et les marges de manœuvre. Selon les contextes, à qui fait-on appel pour faire face à la vulnérabilité résidentielle (la famille, l’Etat, la communauté…) ?
  • Dépasser le registre du seul besoin. – Aspect méthodologique : comment enquêter en terrains « sensibles » ?
  • Question de la réception de nos travaux par les militants et les acteurs institutionnels.

AD propose de ne pas garder l’intitulé trop général « politiques publiques » : plutôt parler du lien « vulnérabilités et politiques publiques ».

CLV : voir les effets du regard misérabiliste sur l’habitat ; subaltern studies, valeur accueilsolidarité. Le point fort de l’axe est la déconstruction des prénotions. Un autre intérêt est méthodologique ; il faut continuer le travail sur les « terrains sensibles » (Laé-Murard, Bouillon and co). La question de la réception des travaux est aussi importante dans le cadre actuel : que faire dans des sociétés où les gens élaborent des discours très élaborés sur euxmêmes ? Un enjeu est de « passer » des voix qui ne sont pas audibles.

YF insiste sur la dimension des politiques publiques face aux vulnérabilités résidentielles. Il faut travailler sur l’expertise de ces phénomènes et voir comment cette expertise donne lieu à des « savoirs d’action » (réhabilitation, restructuration, politiques du logement ou sectorielles, etc.) et à des expériences architecturales (maison Prouvé, maison de l’armée du salut). La question du logement se pose-t-elle de la même façon au Nord et au Sud ?

Tour e table

Isabelle Galvao : Maître de conférences Université Paris XIII. Volonté de mettre en valeur un thème présent dans leurs travaux. Travail à partir de notion de « lieu apprenant ». Axe « sujets dans la cité ». Ils abordent la question du mal logement à partir des lieux. Réflexion sur la notion d’habiter. Comment passe-t-on d’un pouvoir d’agir à un pouvoir d’usage ? Axe B. Terraine en Guyane ; migrations précaires (pays d’origine et ici) par rapport à l’expérience.

Julie Chapon : Projette de travailler sur les circulations avec une entrée sur l’habitat mobile. Elle a étudié la manière de pratiquer la ville par les commerçants du Niger (géographe, Migrinter, licence Anthropologie).

Guillaume Six : Doctorant Lisst avec MC Jaillet. Jeunes, précarité et rapport au chez-soi, symbole qui questionne.

A travaillé à Bobigny. Comment la crise du logement est un facteur clé de précarisation de la société salariale. Utilise la méthode biographique. Le logement est à la fois un boulet et un support de réassurance pour les jeunes pour faire face à la précarité. Il étudie ce paradoxe.

Les politiques publiques partent toujours du besoin alors qu’on entend plutôt parler de désir. Il s’intéresse aux « bricolages ». Remaniements pour faire face. Accéder au squat peut permettre de dé-précariser : Toulouse ; Brésil (pas de travaux sur jeunes et logement) ; Guyane.

Rapport à la vulnérabilité très différent en Amérique Latine.

Mathieu Giroud : Maître de conférences Clermont, en délégation au Lavue. Travaille sur les quartiers industriels en gentrification. Comment les populations parviennent à se maintenir sur place, parfois au détriment des conditions de logement ? (Lisboa et Grenoble). Lisboa : destruction bidonvilles avec coup d’accélérateur au moment de l’expo universelle.

Importance de sortir du logement pour aller vers l’habiter. Interroger la vulnérabilité résidentielle en intégrant la pratique des lieux de façon plus générale.

Il rappelle que la vulnérabilité affecte aussi les classes moyennes dans les contextes les plus tendus. Il s’intéresse aux investissements intermédiaires des classes moyennes. Ex : dans des meublés touristiques.

Christophe Imbert : Maître de conférences, Migrinter. Circulation Lisbonne-Europe. Approche par la mobilité. Derrière une pratique, on trouve des choix de logement et d’habitats très différents. Depuis Lisbonne, terminaux d’aéroport, train. Nombreux ouvriers allant travailler dans les chantiers en France, migrants d’Afrique lusophone. Question de la multi-résidence à observer à l’échelle familiale.

Reconstitution de biographies de multi-résidents avec F. Dureau. Déclencheur : travaux d’Arnaud Le Marchand.

Frontières circulations-vagabondage ont toujours plus ou moins existé. Explorer les catégories dans le recensement rénové : habitat mobile ; cohabitation ; cabanisation, yourtes et tentes (Ariège). Ces catégories sont très disparates et très mal recensées dans les enquêtes publiques.

Observation du canal Seine-rhône.

Monique Bertrand : Directrice de recherche à l’IRD. Dynamique d’échange des nords et des suds. Intéresse son UMR, sur les trajectoires biographiques. Montrer la diversité des Sud. Articulation de terrains francophones et anglophones d’Afrique de l’Ouest. Diversité des expériences résidentielles. Elle travaille sur Bamako et Accra.

Elle souligne qu’on se trouve parfois dans une telle pénurie structurelle que la notion de crise n’a plus son sens de moment critique. Cela reste un point de discussion. Il faut aborder la question sous l’angle des trajectoires et des temporalités. Il y a matière à discussion autour des notions de propriété, d’usufruit, d’hébergement… Etudier les déplacements de vulnérabilité à partir des méthodes longitudinales. Une contextualisation plus fine est nécessaire.

Marie Lanzarro : Urbaniste avec option sociologique. Travaille sur le passage de l’hébergement institutionnel au logement de droit commun. S’intéresse à la question des parcours des personnes en difficulté de logement. Question des bricolages face aux difficultés de logement. Question des parcours et des expériences. S’intéresse aussi aux questions méthodologiques.

Anne Claire Vallet : Architecte et en thèse avec M. Agier. Recherche sur les friches urbaines en Ile-de-France et sur les personnes qui vivent sous tente dans les friches sur des propriétés et non sur l’espace public. A rencontré ceux/celles dont les habitations sont les moins visibles. Dans quelles catégories ces situations peuvent-elles s’inscrire ? S’intéresse au point de vue des résidents, aux pratiques policières et juridiques. Elle veut étudier ce mode d’habiter dans le passé et la perception que l’on en a (son traitement médiatique). Au XVIe siècle, on parlait des « demeurant partout ».

Charlotte Pujol : Post-doctorante au laboratoire Eso. Travaux de thèse : trajectoires citadines et citoyennes dans deux villes d’Amérique du Sud. S’intéresse aux citadins dans des quartiers irréguliers. Quels sont les jeux entre la mobilité et l’ancrage ? Remettre en question l’image du ghetto où on serait enfermé. Dépasser les approches misérabilistes.

Liliane Pierre-Louis : Maître de conférences à l’IUP, Travaille sur le Burkina Faso. S’intéresse à la décentralisation. A répondu à de nombreux appels d’offre financés par les institutions. Voudrait questionner des situations de terrain. Travail sur les logements sociaux et l’auto-construction.

A contribué au programme PPAB du Pnud.

Adriana Diaconu, Docteur en Architecture, a travaillé sur l’émergence du logement social en Roumanie avant et pendant période socialiste. Approche historique. Travaille sur la notion de crise du logement dans différents contextes. Qui parle de crise ? A quel moment ? Quels sont les différents discours ? Programme de recherches avec D. Voldman et A. Fourcaud sur les crises du logement à l’est. S’intéresse aussi aux régimes autoritaires, Europe du sud.

Yankel Fijalkow : Insalubrité et catégories d’action publique ; politique de la ville ; gentrification.

Claire Lévy-Vroelant : Les vulnérabilités circulent entre les deux côtés, pouvoirs publics et leurs justiciables. Forme et déforme les modes d’action ; hôtels meublés et accueil. On est toujours sur le quantitatif, ce qui invisibilise ce qui se passe dans l’habiter ; comment réintroduire une capacité d’expertise citoyenne ?

Pascale Dietrich : Thèse sur l’habitat insalubre. Elle a analysé comment les acteurs hiérarchisent les demandes, et comment habitants réagissent face à cela. Aujourd’hui, elle travaille sur les demandeurs de logements sociaux en Ile-de-France. Elle utilise des méthodes qualitatives (entretiens, observations à la DLH) et travaille à partir de l’enquête logement. Elle s’intéresse à la place de ce type de logements dans le parcours des catégories populaires, et la façon dont les logements sociaux sont mobilisés dans les stratégies d’ascension sociale.

Agnès Deboulet : Travail sur l’habitat informel au Caire. A abordé la question de la restructuration urbaine en Egypte et à Marseille. Intérêt pour la rénovation urbaine et les phases de déstabilisation qui y sont liées. Question du slum comme catégorie internationale et de ses effets en termes de politiques publiques.

Des axes de travail pour les séances à venir sont ensuite proposés.