Le logement reste plus que jamais une question d’actualité à l’agenda des politiques publiques. La crise économique actuelle fait du droit pour chacun à disposer d’un logement décent une question majeure qui interroge tout autant la capacité des États et des collectivités à intervenir, que les modes et modèles d’intervention de chacun des acteurs de la « chaîne » du logement.

Dans le même temps, les individus et les ménages ne subissent pas passivement les effets de cette crise : ils sont capables d’adapter leurs comportements et de redéfinir leurs stratégies. Ils peuvent aussi s’organiser et ouvrir de nouveaux fronts de lutte. Au regard de ces enjeux, il est nécessaire que le logement et l’habitat mobilisent l’attention et l’effort des chercheurs pour observer, identifier les inflexions et changements, éclairer les termes du débat. C’est la raison d’être de cette sixième édition des journées d’étude organisées par le réseau Habitat- Logement (REHAL), qui aura lieu les 25 et 26 juin 2015 à l’UFR de Droit, Sciences économiques et sociales, de l’Université François-Rabelais de Tours. Elle vise à favoriser les échanges scientifiques entre les jeunes chercheurs (doctorants et jeunes docteurs) travaillant sur le logement et l’habitat et à les aider à faire connaître leurs travaux. Elle vise également à renforcer le dialogue entre disciplines, en s’interrogeant sur la manière dont chacune définit, analyse et constitue ces questions comme objet d’étude et travaille la méthodologie. Elle vise enfin à renforcer et renouveler le milieu scientifique travaillant sur les thématiques de l’habiter et du logement, en France, comme ailleurs en Europe ou dans le reste du monde.

Les journées seront structurées en ateliers thématiques comportant des temps de présentation par les auteurs de leur communication et des temps de discussion introduits par un ou une chercheuse confirmé(e).

Les différents ateliers seront constitués en fonction de la teneur des propositions de communications retenues. Aussi, les axes problématiques développés ci -après ne sont pas exclusifs : toute proposition de communication relevant du champ « logement et habitat » sera examinée avec intérêt par le comité scientifique de ces journées d’étude.

Construction et diversité des modes d’habiter

Habiter, ce n’est pas seulement occuper un logement, c’est s’approprier un ou des espace(s), à diverses échelles, depuis celle de l’immeuble ou du lotissement à celle de la rue, du quartier, de la commune ou encore de l’agglomération. Les travaux qui interrogent la diversité des modes d’habiter, leur variabilité selon les âges de la vie, la dimension du genre, leur inscription dans un environnement qui peut être urbain, rural ou périurbain sont plus que jamais d’actualité, en lien avec l’évolution des formes d’organisation familiale et professionnelle et la diversification des modes d’occupation du logement (colocation, cohabitation intergénérationnelle, multirésidence, etc.) et les différentes formes d’investissement de l’espace domestique qui en découlent. De même, il convient de s’interroger sur les pratiques de mobilité/sédentarité qui organisent pour partie le rapport aux espaces habités : comment un rapport particulier au logement s’inscrit dans une trajectoire qui se déploie à la fois dans le temps et dans l’espace ? En quoi l’analyse des mobilités résidentielles et quotidiennes éclaire -t-elle les transformations des modes d’habiter ? Quels sont les éléments pris en compte et négociés dans les arbitrages effectués par les ménages ? Enfin, l’évolution des rapports entre espace(s) public(s) et espace(s) privé(s) invite à se pencher sur les processus d’appropriation des espaces intermédiaires, les rapports de voisinage, et plus largement les rapports aux espaces de proximité et de travail.

Les communications seront, au préalable, mises à disposition de l’ensemble des participants afin de leur permettre d’en prendre connaissance pour mieux préparer les débats. Les travaux présentés seront diffusés et valorisés a minima par l’édition numérique des actes de ces journées d’étude.

Les rapports entre logement, habitat et politiques publiques

S’interroger sur ces rapports, c’est poursuivre l’analyse de la transformation de l’environnement institutionnel dans lequel sont traitées les questions du logement et de l’habitat (ou du non- logement) qui tend à promouvoir depuis plusieurs décennies un cadre local et partenarial à l’action publique. C’est aussi s’interroger sur les représentations et catégorisations sur lesquelles les politiques de l’habitat se fondent, ainsi que sur leur cohérence au regard de la multiplicité des échelles de pouvoir et des dispositifs qui se sont mis en place, au regard de la tension entre une territorialisation des décisions qui s’est affirmée et une centralisation des moyens qui demeure. C’est encore poursuivre l’analyse de la recomposition des espaces urbains, en s’intéressant en particulier à la manière dont s’organisent aujourd’hui, au croisement des stratégies des ménages et de celle des acteurs du logement, qu’ils soient publics ou privés, la division sociale de l’espace et de nouvelles formes de ségrégation ou de fragmentation. C’est enfin ne pas ignorer les transformations qui affectent les métiers et professions impliqués dans la production et la gestion du logement et de l’habitat. C’est bien sûr continuer à accorder une attention particulière à la question du logement social, objet de débats et de controverses toujours renouvelées sur ses formes, son rôle et ses missions, aux rapports entre les différents segments des parcs immobiliers qui y concourent, aux partenariats naissants entre les organismes d’HLM et les promoteurs privés.

En outre, on peut s’interroger sur les modes d’observation et de connaissance des phénomènes. L’hypothèse sous-jacente est que les outils de l’action publique façonnent les problèmes traités et délimitent les questions mises à l’agenda des politiques publiques. Sur quelles données ces problèmes sont-ils fondés? Comment ces données sont-elles définies et collectées ? Quelles en sont les limites ? Comment des questions émergentes ou marginales peuvent-elles acquérir une visibilité ?