Imposer un changement de comportement, révolutionner les habitudes, susciter des croyances : la mise en oeuvre, la réception et la compréhension du développement durable interrogent à plus d’un titre les conditions de sa réalisation et la place laissée à l’habitant.

Ce dossier propose un croisement disciplinaire (géographie, ethnologie, sociologie, aménagement, science politique) autour de recherches employant toutes des méthodologies d’enquête qualitative à l’échelle micro-sociale et micro-spatiale.

Les textes réunis informent quelques-uns des points encore aveugles de la recherche sur les pratiques et usages des individus-habitants, afin de rendre compte de leur appréhension du changement de paradigme en cours. Il s’agit d’analyser les comportements des acteurs ordinaires, placés dans un contexte censé modifier leur quotidien comme les écoquartiers ou simplement mis en situation, au travers de leurs pratiques, que celles-ci portent sur l’alimentation, la mobilité quotidienne ou le rapport à une ressource, l’eau en l’occurrence.

Sont questionnés en filigrane le rapport à la norme et aux valeurs, la construction de nouveaux usages et l’incidence de la matérialité des lieux, comme des politiques publiques et du politique sur les modes d’habiter, lorsque celles-ci créent de nouvelles normes institutionnelles socio-techniques (écologiques autant qu’hygiénistes) et/ou qu’elles transforment les espaces habités. Le dossier informe la recherche sur les freins et les facteurs de changement des modes d’habiter au travers de l’analyse des pratiques de consommation, de la densité perçue et des représentations de l’environnement résidentiel, de la place des valeurs dans l’adoption de comportements congruents dans le quotidien comme le hors-quotidien.