En adoptant une approche économique – restant ouvertes aux apports des autres sciences sociales-, ce séminaire vise à relier l’analyse des marchés du logement à celle du fonctionnement économique des villes, en poursuivant les logiques de travail de l’atelier précédent « marchés locaux de l’habitat et économie urbaine ». La connaissance des marchés locaux passe en effet par l’explication des valeurs foncières et immobilières dans leur dimension spatiale, liée à la hiérarchisation des villes, à leur composition interne, et à la déformation de leurs structures socio-spatiales au cours du temps.

Les structures spatiales des villes résultent notamment de la mise en relation :

  • de populations structurées en groupes sociaux hétérogènes ;
  • de parcs de logements différenciés ;
  • de réseaux d’équipements disposés de façon inégale dans l’espace.

 

Au-delà du lien entre système des prix immobiliers et structure spatiale, il s’agit de dépasser les approches statiques en termes d’équilibre, au profit d’une approche dynamique de la reproduction des formes urbaines au cours du temps.

C’est à partir d’une analyse précise des contraintes de fonctionnement des marchés de l’habitat que nous entendons appréhender les processus de localisation des ménages et de leurs activités au sein des villes. L’articulation entre les analyses économiques des marchés immobiliers et fonciers et l’économie des transports sera primordiale, dans une relecture systémique du fonctionnement urbain.

Le séminaire « marchés locaux de l’habitat et économie urbaine » vise à capitaliser et consolider les perspectives de recherches sur les interactions « recompositions résidentielles / urbanisme / transports » et a montré comment pouvaient s’articuler les questions d’accessibilités urbaines, de ségrégation sociale, de formation des prix immobiliers et de trajectoires résidentielles.

On réinterrogera les paradigmes des politiques publiques en faveur de la « ville durable » au regard des modes de régulation des marchés de l’habitat, des inégalités sociales qu’ils amplifient, des disparités spatiales qu’ils engendrent.

Il est maintenant largement admis qu’une part essentielle des consommations énergétiques et des émissions de GES se développe en milieu urbain et qu’une part conséquente d’entre elles découle des pratiques urbaines des ménages – au travers du chauffage résidentiel et des transports : or, l’un et l’autre méritent d’être analysés en liaison avec les « choix » de localisation résidentielle découlant des modes de régulation des marchés de l’habitat au sein des aires urbaines.

La transversalité des analyses, raccordant explicitement enjeux de consommations énergétiques, pratiques des mobilités alternantes et fonctionnement des marchés de l’habitat, apparaît comme le pendant indispensable à la refonte des politiques urbaines, telles qu’envisagées dans la discussion parlementaire du Grenelle II.

Dans cette optique, le séminaire s’attaquera à une analyse critique approfondie des modèles démo-économiques urbains et des modèles « LUTI » existants, et dégagera le « cahier des charges » du développement de modèles urbains « logement /transports/ ségrégation résidentielle », intégrant la diversité des statuts d’occupation (et notamment l’existence d’un parc social), et les effets de régulations institutionnelles non marchandes.