Dans l’esprit du thème général du 6e Congrès de l’AFS (« La sociologie, une discipline contre nature ? »), le RT9 se propose de consacrer au moins la moitié de ses séances aux rapports nature/ville, dans le cadre de problématiques générales permettant à de nombreux niveaux d’interrogation sur l’urbain et les territoires de s’exprimer. Le thème du congrès permet en effet de s’interroger sur certaines spécificités de la sociologie urbaine, qui s’est notamment constituée en relativisant le poids des contingences spatiales. De même, pourront être discutées les différentes manières dont la sociologie urbaine aborde les faits sociaux au travers de métaphores naturalistes. Enfin, tous les projets de communication envisageant les rapports des villes et territoires à l’environnement, aux risques naturels, au patrimoine naturel, ou analysant les différentes représentations de la « nature » mobilisées par les acteurs seront les bienvenus.

1/ La spatialisation des phénomènes sociaux

La spatialisation des phénomènes sociaux fait-elle de la sociologie urbaine une sociologie différente des autres ? En quoi contribue-t-elle, par son approche théorique et empirique, à l’étude de rapports, situés dans l’espace, entre différents groupes ? Poser ces questions implique de s’interroger sur les opérations intellectuelles nécessaires pour appréhender des phénomènes spatialisés, de questionner les apports en termes de connaissance et d’action qui leur sont imputables, et plus largement de préciser la place de la sociologie urbaine dans les constructions conceptuelles de la sociologie, d’une part, et des sciences de l’urbain, d’autre part. Dans le cadre des communications – qui devront de préférence présenter les résultats d’une recherche empirique – ce questionnement large pourra porter sur des notions (par exemple « ségrégation », « exclusion », « vulnérabilité », « gentrification », etc.) ou des paradigmes analytiques (par exemple l’« écologie urbaine »).

2/ La ville comme phénomène naturel : quelle actualité ?

Le quasi slogan de la ville comme phénomène naturel a permis l’apparition d’un riche champ métaphorique que l’on peut interroger à l’aune de l’urbanisation généralisée, de systèmes complexes de gouvernance, et de transformation des formes de migrations temporaires ou définitives. Ce positionnement classique de la sociologie urbaine, à qui a été reproché une certaine naturalisation des processus sociaux comme la ségrégation, mérite d’être interrogé à l’aune du principal paradigme théorique concurrent (la urban political economy), mais aussi de la multiplicité des discours urbanistiques ; que ceux-ci condamnent la ville, les nouvelles formes périurbaines, ou fassent la promotion d’un urbanisme villageois ou d’une urbanité retrouvée. Expriment-ils des nouvelles normes d’habitat et d’habiter, de nouvelles formes de régulation des conflits territoriaux ? Par quels agents ou acteurs sont-ils développés ? Par ailleurs, d’autres problématiques interrogeant la notion de l’écologie urbaine pourront être développées à travers notamment la question du cadre et des formes d’interactions.

3/ La place de la « nature » dans la ville

La question de la place de la nature dans la ville s’attache à cerner des phénomènes comme la consommation des espaces forestiers et agricoles par l’urbanisation, et les nouveaux modes d’insertion du « naturel » dans la ville à la faveur des éco-quartiers, des nouvelles formes de parcs et de jardin, voire de l’émergence de pratiques jardinières dans la ville. Ce questionnement peut donc s’inscrire dans la continuité d’une réflexion sur les rapports ville/campagne, et incite à s’interroger sur la signification de ces pratiques et discours (que ceux-ci émanent d’habitants, d’institutions ou de collectifs). Vont-ils ou non vers l’édification d’une politique du « commun » ? Révèlent-ils parfois un retour de l’hygiénisme ?

4/ Par ailleurs, au-delà de ces fléchages thématiques, nous invitons les collègues qui souhaiteraient présenter les résultats de recherches particulièrement innovantes dans le domaine de la sociologie urbaine et des territoires à nous proposer des communications en ce sens (qui prendront place dans une ou deux séances de « varia »).

5/ Enfin, une séance organisée en commun avec le GT45 « Sociologie des conflits » sera consacrée à : conflits et espaces urbains – quels rapports, quelles spécificités épistémologiques ? (Voir l’appel à communications spécifique, ci-joint)